Par CRISTINA GONZALEZ
traduction: Alexia
La chanteuse, compositrice et actrice Beatriz Luengo revient en Espagne avec un nouvel album après avoir passé trois ans en France – ou elle a vendu plus de 100 000 copies de son précédent album – et avoir reçu le prix EBBA accordé par l'union européenne aux artistes dont la notoriété est plus grande a l'extérieur des frontières de son pays d'origine.
Beatriz Luengo s'éloigne chaque fois davantage de son rôle de « Lola » dans la série Un Dos Tres et de son succès avec Upa Dance pour plonger, avec son nouveau disque Carrousel, dans un mélange de rythmes et de sons totalement nouveaux en Espagne. Elle a appelé son nouvel album de cette façon parce que « La vie est un carrousel et je pense que tout ce qui est bien revient et que ce qui est mal s'en va ». La chanteuse s'est produite Samedi dernier sur une scène de la radio Cadena Dial, le mardi au Capitol de La Laguna (Espagne) et le mercredi au Pick Up de Las Palmas de Gran Canaria (îles canaries).
Que vont trouver les gens qui écouteront le disque Carrousel ?
C'est un disque avec beaucoup d'influences. Je l'ai composé à Paris et ensuite Yotuel Romero (du groupe Orishas) et moi sommes partis neuf mois à New York pour chercher Andrés Levin. Il nous paraissait être la personne parfaite pour le coproduire puisque non seulement il a fait beaucoup de disque jazz latino dans les dernières années de sa carrière, mais aussi parce qu'il a produit de grands artistes de la musique noire comme Tina Turner, Kelis ou Chaka Khan. Nous pensions qu'il pouvait mener le son au point où nous le voulions. Yotuel et moi avions déjà ce projet en tête dès le départ puisque nous avions commencé à poser des sons d'ici, comme des coups de pieds, des boites, des tapements de mains et la guitare. Nous avons commencé par les mettre sur des sons plus hip hop et à partir de là, nous avons cherché des harmonies plus soul, des mélodies qui que je jouais à la guitare, plus proche du tango ou même du boléro.
Pourquoi ce style de musique ?
Déjà avec le disque Mi Generacion (le nom de BL en Espagne), qui a été le premier que j'ai fait en solo, je recherchais ces sons. Il y avait une version de Dos Gardenias et une chanson qui s'appelait Hit Lerele, qui étaient aussi de la même structure et dans la même idée. Nous avons réellement trouvé le son avec ce disque. J'ai été trois ans à Paris, nous avons commencé dans un quartier latino avec une caisse et une guitare et nos avons composé. Nous recherchions des choses qui pouvait bien aller et que nous pensions intéressantes. Nous voulions ramener en Espagne des sons qui ne s'utilisaient pas et faire ressortir ceux que tout le monde connait mais avec des bases.
Pourqui avez-vous décidé de partir en France ? Vous vouliez vous éloignez un temps et que l'on ne vous colle pas d'étiquette?
Oui, je crois que j'ai beaucoup appris de mes expériences, aussi bien du succès d'Un dos Tres que de Mi Generacion. Mais j'ai senti que j'avais besoin de m'arrêter un instant sur ma vie, d'arrêter ma carrière, partir à l'étranger et de vraiment me retrouver avec moi-même. Je me sentais bloquée du point de vue créatif et je ne voulais pas faire de la télévision. Je voulais développer ce concept que Yotuel et moi avions depuis notre rencontre il y a cinq ans. Nous avions toujours ces sons en tête et comme Orishas a commencé à Paris, j'ai toujours pensé que c'était une ville géniale pour commencer un nouveau son. Je ne sais pas pourquoi, mais là-bas ils sont à la pointe de la fusion.
Donc, le succès que vous avez eu e France ne vous surprend pas ?
C'était un pays ouvert aux petites prestations au moment d'exposer ce que nous avions créer, mais on imaginait encore moins le boom que ça allait avoir. Ca a été une surprise parce qu'il y avait la barrière de la langue. Mais tout s'est rejoint, nous avons joué dans des bars pendant un an, nous avions les chansons, nous commencions à être bien reçus par les medias, une radio latino a commencé à me soutenir et Juanes est arrivé avec La camisa negra et il était en haut des charts cet été là. Ca qui a ensuite permis que l'industrie du disque se rende compte que le marché latino avait de grande possibilité et moi j'étais là, où il fallait quand il fallait.
Ca a été dur de revenir dans le marché espagnol ?
Non, je suis pleine d'espoirs. Les gens aiment encore plus Lola que Beatriz Luengo, c'est pour cela que je suis contente d'avoir un chemin à faire. En plus, je suis très patiente, je ne prétends pas non plus, et je ne veux pas, que les gens oublient et passent aussi vite sur le fait que j'ai fait parti d'une série parce que j'en été très fière. Mais c'est clair que je ne voulais pas construire toute ma carrière seulement sur un phénomène de télévision parce que c'est assez dangereux. Je considère que ce qui m'est arrivé est le meilleur ; maintenant je reviens ici (en Espagne) et j'ai beaucoup de choses à faire. Par exemple, que les gens sachent que je ne m'appelle pas Lola mais Beatriz Luengo, qu'ils connaissent mon histoire en France. Je considère que mon cas est un exemple parfait que si quelqu'un veut réellement et qu'il a une formation, une préparation, de la chance et surtout l'envie, il peut reprendre sa carrière a zéro n'importe où dans le monde avec la même humilité sans sentir que tu n'as fait parti de rien. Je me suis aussi prouvée à moi même que je pourrais recommencer 20 000 fois ma carrière à zéro parce que si j'ai pu le faire, en relativement peu de temps après Un dos tres, je ne pourrais pas le faire dans trois ou quatre ans. Je suis pleine d'énergie pour recommencer à zéro milles fois. Je crois en mon projet ; je suis ici parce que j'ai vraiment un projet à raconter ; sinon, je ne me serais jamais remise en scelle. Je suis très tranquille, avec beaucoup d'envie de le présenter en ce moment même comme je le fais, en accoustique pour les gens. En plus, le Tour d'Espagne à choisi ma chanson [Pretendo hablarte] comme hymne, il m'arrive beaucoup de choses auxquelles je ne m'attendais pas. Je suis super fière.
Vous pensez continuer de chercher de nouveaux sons ?
Ce son là est celui qui m'a ouvert les portes de l'Europe, mis à part qu'il me plait et me fascine parce que c'est un nouveau son qu'au jour d'aujourd'hui il est difficile de trouver. Je ne sais pas ce qui me viendra sur le disque suivant, mais ce sera toujours en me basant sur ces influences et ces fusions.
Quel sera le prochain single ?
Ce sera Dime. C'est une sorte de tango qui se fini avec un texte récité en français. Il a un son très obscur, très « Tarantino » à la guitare. Pour la production, ma référence sur cette chanson c'est Grace Jones, une artiste que j'admire énormément. Dime est une petite touche de son influence pour la production, elle est très différente de Pretendo Hablarte.
Comment a été réalisé le clip de Pretendo Hablarte ?
C'est un réalisateur que j'admire beaucoup, qui s'appelle Eugenio Recuenco, qui fait des pubicités mais qui n'avait jamais fait de clip vidéo. Il est photographe et ila eu l'idée de faire un clip avec des photos en rafales et ça rend cet effet si beau. Nous l'avons tourné à Aganda del Rey à Madrid.
Le fait que le disque ait des influences latinoaméricaines fera que ce son sera plus compris dans les îles Canaries ?
Les îles Canaries sont beaucoup plus ouvertes pour la musique latino comme pour la musique noire. C'est très curieux : ici vient Craig David ou Luis fonsi alors que dans la péninsule leur musique n'a presque aucune répercussion. Ca démontre qu'ici il y a des influences plus larges et différentes. Mon disque a beaucoup à voir avec l'Amérique Latine, elle est très présente dans ma musique et dans ce que je fais. Je viens chanter ici avec beaucoup de plaisir parce que les gens vont l'aimer.
Comment est le panorama musical ?
Il y a des choses très intéressantes comme Pitingo. C'est merveilleux qu'arrivent de nouveaux artistas, mais c'est difficile parce que l'industrie était déjà en crise et on en rajoute une, on est encoré plus en crise. Je crois en la musique en tant que tel et je crois que d'une façon ou d'une autre, on doit survivre ; s'il faut recommencer à zéro et faire des représentations dans des bars, on le fait. Cette situation fera que ceux qui restent sont ceux qui ont un projet, qui croient en lui et qui attendent le temps qu'il faut pour le développer.
Pensez-vous revenir à l'interprétation ou à la danse ?
J'ai une école de danse dont je suis la directrice et ça se passe très bien. En Mars 2009, je tournerai un film à Lanzarote qui s'apellera La fille de l' Aurore (de l'espagnol La hija de la Aurora, au moment où je vous traduit cette interview, le titre français n'est pas connu) avec un script merveilleux.
